A quoi sert la Province ?
Si l'on se fie aux textes légaux, la Province s'occupe de ce qui est d'intérêt provincial.
De cette définition, on retiendra donc surtout que la Province jouit d'une certaine autonomie et peut choisir ses domaines d'intervention, même si les Provinces sont soumises au contrôle de tutelle de la Région (wallonne dans le cas de Namur).
La Région a d'ailleurs encadré la définition des compétences provinciales.
La Province a toujours été et est avant tout un niveau de pouvoir intermédiaire. A la création de la Belgique, elle faisait le pont entre le niveau national et des communes dont la taille était considérablement plus réduite qu'aujourd'hui.
Au fil du temps, d'autres niveaux de pouvoir intermédiaire ont été créés. Ainsi, les régions et les communautés ont germé dans les années 1970, avant d'acquérir une existence institutionnelle en 1980 et de grandir à la suite des diverses réformes de l'Etat. Ces évolutions ont fait de la Belgique un Etat fédéral.
Parmi les autres évolutions significatives du paysage institutionnel, on notera la fusion des communes opérée dans les années 1970 ainsi que la création d'intercommunales, unions de communes pour gérer ensemble des matières les concernant (distribution d'eau, de gaz, d'électricité, déchets, expansion économique, hôpitaux,...).
Alors, aujourd'hui, quel rôle jouent les Provinces ?
Ce rôle diffère d'une province à l'autre. Ainsi, dans le Hainaut et à Liège, l'institution provinciale s'est davantage investie dans l'enseignement.
Une manière d'illustrer le rôle de la Province à Namur est de partir des budgets. Le graphique suivant montre la répartition des dépenses ordinaires (dépenses autres que celles extraordinaires comme les investissements) prévues pour 2011 pour la Province de Namur, telles qu'approuvées par le Conseil le 3 décembre 2010.
Source : budget 2011 initial de la Province de Namur; calculs propres.
La Province consacre près d'un quart de son budget 2011 à l'enseignement (Campus provincial à Salzinnes, école hôtelière à Namur, école d'équitation à Gesves, école d'agriculture St Quentin à Ciney, classes vertes à Chevetogne,...). A cela, on peut ajouter 2,3% de dépenses relatives à la formation des fonctionnaires, des agents de police, des pompiers,...
Le deuxième pôle d'activité de la Province est le Médico-social. La Province finance notamment certains hôpitaux publics (CHR Namur et Val de Sambre), des actions de prévention, de l'action sociale (aides familiales, petite enfance,...) et le Centre psychotechnique d'orientation professionnelle (Office d'Orientation et de Guidance).
Le troisième pôle d'activité concerne la Culture en ce compris les cultes. Il représente près de 8% du budget 2011.
Ces trois pôles font partie des 6 grands secteurs que la majorité PS-MR entend privilégier sur la législature 2006-2012, les trois autres étant la politique économique, le tourisme et la protection de l'environnement.
L'économie ne représente que 3,6% des dépenses ordinaires. Il s'agit surtout de dotations au BEP.
Si le tourisme sensu stricto ne pèse que 1,2% des dépenses (principalement un subside pour la Fédération du Tourisme de la Province de Namur), le Domaine de Chevetogne accapare à lui seul quasi 4% des dépenses (et ce, toujours sans tenir compte des investissements). Les dépenses de fonctionnement du Domaine dépassent de loin ses recettes. Chevetogne joue toutefois un rôle social.
Enfin, l'eau et l'environnement représentent à peine 1% au budget.
D'autres rubriques comptent davantage dans le budget provincial. Ainsi, les dépenses administratives au sens large (personnel provincial, patrimoine,...) valent 28% des dépenses; les dépenses en faveur du logement (octroi de prêts complémentaires, primes à l'énergie,...) totalisent 6,1%; le service technique (voiries provinciales et cours d'eau) pèse 5,1%. Les coûts liés aux autorités provinciales, en ce compris les relations publiques, sont substantiels : 3,8%.
En revanche, l'agriculture occupe une place négligeable dans le budget provincial (0,7%).
Au total, la Province de Namur devrait dépenser 130,7 millions d'euros en 2011. 64,3% de cette somme sont constitués de frais de personnel. Les dépenses de dette, de fonctionnement et de transferts s'élèvent, respectivement, à 13,3%, 12,4% et 10,1 %. Les transferts comprennent à la fois les subsides versés aux intercommunales et aux associations et des primes octroyées aux ménages (primes à l'énergie,...).
Source : budget 2011 initial de la Province de Namur; calculs propres.
Comme dans les communes, à côté du budget ordinaire, la Province dispose aussi d'un budget extraordinaire dont le montant fluctue beaucoup d'une année à l'autre. Pour 2011, il représente 23,9 millions d'euros dont 79% sont des investissements et 17,5% des dépenses de dette.
Source : budget 2011 initial de la Province de Namur; calculs propres.
A titre d'exemple, en 2011, les plus grosses dépenses extraordinaires concernaient des investissements au Domaine de Chevetogne (4,3 millions), des octrois de prêts logement (2,5 millions), des travaux sur le site du Campus provincial à Salzinnes (2,2 millions), des travaux d'infrastructure aux routes (1,75 millions) et des investissements à l'école provinciale d'agronomie et des sciences de Ciney (1,7 millions). En pratique, on a pu constater par le passé que les investissements inscrits au Budget étaient loin d'être tous réalisés. Ceux -ci sont souvent reportés ou annulés. Ainsi, l'école du Feu était dans le top 3 des investissements projetés en 2008 et n'a toujours pas vu le jour.
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